Christophe Genty

À propos · Le parcours

La flèche et le miroir

De l'enfant qui ne se reconnaît pas dans la glace à l'homme qui se souvient : cinquante ans d'une même question — qu'est-ce qui structure l'être avant même qu'il se voie ?

1971 · Paris

Souviens-toi de ce moment

J'ai sept ans. Dans le couloir de l'appartement familial, je m'approche du miroir — un geste machinal, quotidien. Mais ce jour-là, l'enfant qui me regarde ne me semble pas être moi. Ce visage doux, sans aspérités, contredit tout ce que je ressens de moi-même de l'intérieur. Je reste longtemps devant cette image étrangère, et une phrase se forme, que je m'adresse comme une promesse :

« Souviens-toi de ce moment. »

Ce fut ma première question spirituelle : qu'est-ce qui, en nous, précède l'image ? Qu'est-ce qui structure l'être avant même qu'il se voie ? Je ne le savais pas encore, mais je venais de poser la question à laquelle je consacrerais ma vie.

Vers 1974 · Paris

La flèche

Vers dix ans, une autre énigme m'obsède : l'infini. J'imagine un arc capable de tirer une flèche vers le ciel sans qu'elle ne s'arrête jamais. Mais si elle rencontrait un mur — la frontière de l'univers — qu'y aurait-il derrière ? J'en parle à mon père, qui me répond, énigmatique : « Peut-être que la flèche te reviendra un jour. »

Nous vivions alors face à l'église Saint-Antoine de Padoue — le Thaumaturge, « celui qui fait des miracles ». Chaque jour, ses clochers dessinaient sous mes yeux la verticale entre le terrestre et le ciel.

1977 · Pontarlier

Le livre violet

Mon père, militaire depuis l'âge de onze ans aux enfants de troupe, prend la direction de l'hôpital de Pontarlier, dans le Doubs. Pour l'adolescent parisien que je suis, c'est la découverte de la Nature avec un grand N — les forêts majestueuses, le feu du soleil sur la neige, une ville entière contemplée d'un seul regard au détour d'un virage bordé de sapins. Et une liberté aujourd'hui impensable : les trois mois d'été, les enfants du quartier dormaient dehors, seuls, sans les parents, sous les arbres.

C'est là, dans la cour de l'hôpital, qu'un ébéniste avec qui j'avais sympathisé m'offre un petit livre violet au titre jaune : la Cosmogonie des Rose-Croix de Max Heindel. En exergue, cette devise : « Un mental éclairé, un cœur compatissant et un corps sain. » Fasciné par les vingt premières pages, puis dépassé par leur complexité, je range l'ouvrage.

Quarante ans plus tard, en le rouvrant, je découvrirai que les principes mêmes de la Géo-Numérologie y étaient déjà esquissés. Toute ma démarche était inscrite dans ce premier livre — je ne le savais simplement pas encore.

1982 · La bifurcation

Le blocage salvateur

Baccalauréat, épreuve de mathématiques. La voie royale de l'époque m'attend : math sup, école d'ingénieur. Mais ce jour-là, mon esprit se bloque de façon inexplicable : je passe deux heures à vouloir redémontrer une formule élémentaire, considérée comme acquise. Résultat : 8 sur 20, et les portes des écoles d'ingénieurs se referment.

Ce sera donc une école supérieure de commerce — moi qui n'ai jamais réussi à vendre quoi que ce soit. Mais l'ironie était bien faite : en école de commerce, on étudie la philosophie, la stratégie — et nous sommes aux tout débuts d'Internet. Trois disciplines qui, elles, allaient me servir toute ma vie.

Le thème de philosophie de mon année de prépa était, justement, la liberté. Pour quelqu'un dont le nombre intime et le chemin de vie sont tous deux en 5 — le nombre de l'homme au croisement, de la liberté à conquérir — le clin d'œil ne manquait pas de sel. Je ne le savais pas encore en ces termes, mais ce principe allait guider chacun de mes pas : pas question de devenir l'esclave d'un travail sans sens. Vendre des yaourts ? Trop peu pour moi.

Suivra un DESS de diagnostic d'entreprise. Avec le recul, je tiens ce blocage de 1982 pour l'une des bifurcations les plus justes de mon existence : la voie des formules toutes faites m'était fermée ; il me faudrait reconstruire les miennes.

1990 – 1997 · Le monde

Le monde, en condensé

Suit une petite dizaine d'années dans le monde de l'entreprise : l'international, la grande distribution, puis six ans comme responsable qualité et international d'une interprofession agricole. Un choix qui ne figurait sur aucune feuille de route de jeune diplômé d'école de commerce — et c'est précisément pour cela que je l'ai fait. D'abord parce qu'il me laissait un maximum de temps libre pour mes recherches : je choisissais déjà mes postes en fonction de la quête, non de la carrière. Ensuite — synchronicité ou humour du destin — parce que mon patron était le beau-frère de Claude Nougaro, dont j'étais fan.

J'avais compris tôt que le temps est la valeur la plus importante qui soit — la seule qu'on ne peut ni acheter ni rattraper. Toute ma vie s'est organisée autour de cette évidence : chaque choix professionnel le fut en fonction du temps disponible qu'il m'offrait.

Ces années m'offrent aussi des voyages qui m'emmènent de l'Égypte à l'Argentine, de la Thaïlande à l'Australie. Là-bas, au sommet d'Uluru, la montagne sacrée des Aborigènes, je découvre un peuple pour qui la Création s'est déroulée durant le Temps du Rêve, et pour qui le territoire entier est parcouru d'un treillis de lignes invisibles. Je me souviens y avoir pris la pose de l'Homme de Vitruve — sans mesurer encore à quel point cette image résumait ma recherche : l'homme inscrit dans la géométrie du monde.

Ces années sont enfin celles d'une initiation de dix ans en loge maçonnique — une école du symbole et du travail sur soi, une géométrie de l'esprit dont je garde l'exigence, même après avoir choisi de poursuivre la quête sans tablier, en me fiant à ma seule conscience.

1997 · Trente-trois ans

L'année charnière

Je prends une année sabbatique pour créer un jeu de connaissance des symboles, Symbolinks. Cette année-là, deux rencontres marquent le chemin. Guy Thieux m'offre La Clef Universelle des Sciences Occultes — un ouvrage ésotérique d'une rigueur logique remarquable, qui me prouve qu'on peut aborder les savoirs symboliques avec méthode, cohérence et structure. Cette exigence deviendra la référence de tout mon travail.

Et une audace me conduit jusqu'à Alexandro Jodorowsky, qui me reçoit — en compagnie de Vittorio Gassman — dans le bar où il a l'habitude de tirer les cartes… à deux cents mètres de chez moi. Un moment hors du temps, et une confirmation vivante : le symbole, bien manié, est un instrument de lecture de l'être. Le hasard n'avait décidément pas choisi son adresse au hasard.

1998 – 2008 · Les îles

Dix ans de voyages, puis le saut

Je cofonde et développe une agence de voyages en ligne spécialisée dans les îles, devenue une PME que je codirige — dix années à parcourir les Caraïbes et l'océan Indien. C'est là que je réalise mon premier site web, de mes propres mains : le début d'un artisanat numérique que je n'ai jamais cessé de pratiquer depuis, et qui me permettra plus tard de construire seul l'ensemble de mes outils.

De ces années datent aussi mes deux plus belles créations : Lucie, née en 1999, et Noémie, en 2003 — année où je décide de travailler depuis chez moi, pour être aussi présent que possible dans leur éducation. Mon activité vivant d'Internet, l'espace de travail pouvait suivre la vie, et non l'inverse.

En 2005, je m'installe à Aix-en-Provence. En 2008, je quitte l'entreprise : le temps est venu de consacrer ma vie à la question posée devant le miroir, trente-sept ans plus tôt.

2011 – 2016 · Aix-en-Provence

La flèche revient

2011 : une première maquette du jeu de symboles est achevée, quatorze ans après la première tentative. 2013 : premiers ouvrages numériques et lancement de symbolinks.com. 2016 : après des années de synthèse entre tradition pythagoricienne, psychologie des profondeurs et spiritualité hermétique, la Géo-Numérologie prend sa forme définitive — méthode N·S·I (Nombres · Symboles · Idées).

29archétypes de personnalité
42 000+profils différents
3 000études réalisées
2022la formation transmet la méthode

Mon père avait raison : la flèche est revenue. Elle n'avait pas rencontré de mur au bout de l'univers — elle avait décrit un cercle, et ce qu'elle rapportait n'était pas une réponse, mais une structure : la géométrie qui relie le nombre, le symbole et l'être.

Car c'est à travers le temps que se fait la grande unification : l'énergie, au fond, c'est le temps que l'on consacre à quelque chose. Et le temps n'est pas linéaire — il évolue en profondeur, comme la graine devient l'arbre.

Et maintenant ?

Du microcosme au macrocosme

La recherche continue — et elle change d'échelle. Après avoir appliqué la méthode à l'être humain, j'ouvre désormais le même chemin vers la connaissance de Dieu et de l'Univers, avec les mêmes outils :

3Mondes
6Formes géométriques
9Nombres

Dans les semaines à venir, vous découvrirez sur Symbolinks comment cette grille permet une lecture autre des textes anciens — Platon, la Bible, les traditions hermétiques — et pourquoi l'homme est un microcosme, un univers en réduction. Car notre vision de l'univers dépend de la vision de notre esprit : nous construisons notre propre univers.

« Connais-toi toi-même,
et tu connaîtras l'univers et les dieux. »Fronton du temple de Delphes

À une époque qui croule sous l'information et manque de charpente, c'est cela que je propose : non pas des prédictions, mais un cadre. Une géométrie de soi, pour ceux qui cherchent non pas à fuir le réel, mais à l'habiter.